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Comme Pauline et Pierre,
comme Catherine et Étienne, 30 % des couples en Afrique souffrent
aujourd'hui de stérilité. Comme partout dans le monde, d'ailleurs.
Mais en Afrique, le problème est plus dramatique, du fait de l'importance
de la maternité et de la filiation. « Une femme sans enfant ne joue pas son rôle de femme,
déplore le docteur
Gwét-Bell, or,
dans la moitié des cas, cette infertilité n'est pas fatale.
Beaucoup de causes sont évitables. » Dans 40% des situations, il s'agit en effet soit de trompes
bouchées ou perméables – séquelles d'infections sexuellement
transmissibles ou d'avortements clandestins – soit d'une mauvaise
qualité du sperme. Or dans ces deux cas, on obtient des résultats
réellement satisfaisants aujourd'hui grâce à la procréation
médicalement assistée : la fécondation in vitro ou l'insémination.
Au milieu des années 90, un petit groupe d'amis médecins
de Douala, gynécologues et biologistes, ont donc décidé
de se mobiliser pour apporter une solution à leurs patients.
Ernestine Gwét-Bell, Berthe Bollo, Guy Sandjon,
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Monique Onomo, Nicole Akoung et Christian Pany sont tous retournés à leurs études en Europe,
aux États-Unis, au Canada.
« Ça ne faisait pas partie de notre
programme scolaire, explique Ernestine Gwét-Bell, et puis, c'est quelque chose de délicat. Nous travaillons
sur des cellules humaines qui vont ensuite devenir des personnes... Il ne
faut pas faire n’importe quoi !. »
300
bébés éprouvettes depuis 1998
Quelques formations plus tard, ils sont revenus avec Guy Cassuto,
un biologiste français, pour lancer les premières FIV. En
avril 1998, Thommy, le premier bébé éprouvette d’Afrique
subsaharienne (hors Afrique du Sud) voyait le jour au Centre des techniques
de pointe en gynécologie obstétrique. Depuis, ces médecins
ont mis au monde 300 enfants de cette manière-là. Des bébés
camerounais, mais pas seulement. Les couples viennent de toute l'Afrique
centrale pour l'insémination à Douala, Cameroun. D’Europe même
! « En France par exemple, la réglementation
est assez rigoureuse, rapporte
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le docteur Gwét-Bell, seulement cinq FIV, avoir moins de 40 ans, être marié. Ça
pousse certaines femmes à venir ici : la technique devançant
toujours la réglementation, pour l'instant, ce n’est pas encore trop rigide. »
Mais la situation devrait changer et un comité
d’éthique se mettre en place pour éviter les dérives,
lorsque le nombre de centres se multipliera, ainsi que celui des demandes.
Et nul ne doute qu'il augmentera rapidement. « Si le Cameroun met enfin en place le système de sécurité
sociale dont il parle depuis des années, nuance Ernestine Gwét-Bell, car le traitement coûte entre 850 000 et 1,5 million de francs CFA. Cela reste donc
l'obstacle principal, même si des tontines se mettent en place pour
soutenir financièrement ces couples. »
Seul obstacle car, du côté des mentalités,
les choses semblent évoluer assez vite. Ainsi, si Pauline avoue
n'avoir pour l'instant mis que sa mère et une tante dans la confidence,
elle promet qu’elle le dira ensuite à tout le monde .....
mais seulement
si elle tombe enceinte !
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